Une gestion active et décorrélée

Une gestion active

Par opposition à la gestion passive, la gestion active rejette l’idée d’efficience des marchés selon laquelle tout nouvel élément d’information se répercute immédiatement et intégralement sur le prix des actifs. Selon cette théorie, les prix sont donc en permanence à leur niveau d’équilibre, et il n’est donc pas possible de battre le marché. Dans cet univers efficient, le but est d’imiter le comportement du marché en reproduisant sa performance. Par exemple, la performance du marché français pourra être dupliquée en reproduisant la performance de l’indice CAC40, via la gestion indicielle.


La gestion active, quant à elle, considère que le marché a des poches d’inefficiences (à court terme en tous cas), et qu’il est donc possible de le battre grâce notamment à deux éléments :

  • le « stock picking » ayant pour objet de dénicher des perles
  • le « market timing » cherchant à prévoir l’évolution du marché dans le but d’intervenir au bon moment

La gestion active seule n’est pas suffisante pour définir un hedge funds. En effet, un certain nombre de fonds traditionnels ont une approche de gestion active. Et pourtant ce ne sont pas des hedge funds. Qu’est-ce qui différencie alors ces fonds des hedge funds ?

Une gestion décorrélée

Les hedge funds ont pour objectif d’assurer une performance dite « absolue », c’est-à-dire décorrélée des marchés. L’objectif des gérants n’est plus de faire mieux qu’un indice (+20% par rapport au CAC40 par exemple), mais d’atteindre un certain niveau de performance, quel que soit l’état du marché (+20% par an, peu importe les performances du CAC40). Les gérants de hedge funds proposent donc à leurs clients une performance toujours positive quel que soit celle du marché. L’intérêt de cette performance absolue pour l’investisseur est d’autant plus important que le marché est baissier. Les objectifs entre le gérant d’un hedge funds et celui d’un fonds traditionnel sont donc bien différents.

Exemple

Afin de bien comprendre, prenons un exemple :

Nous sommes en Juin 2008, le CAC40 a perdu 25% de sa valeur depuis le 1er Janvier 2008. Nous gérons le hedge funds « LHFCOM[1]» et avons rendez-vous avec l’un de nos plus gros investisseurs, qui a investi une partie de ses capitaux dans notre fonds « LHFCOM Lion II ». Nous avions fixé avec cet investisseur un objectif de performance, à la fin du 1er semestre 2008, de +22%. Pour réaliser une telle prévision de performance, nous étions convaincus de la gravité de la crise financière, et envisagions de vendre à découvert un certain nombre de titres financiers. Deux scénarios sont possibles :

  • Notre performance est de +25%. Notre anticipation était la bonne et nous avons vendu les bonnes valeurs. Notre investisseur a de quoi être ravi. Nous avons atteint, et même dépassé, notre objectif de +22%. Plus important encore, nous réalisons une performance de +25% lorsque le marché est fortement baissier.
  • Notre performance est de -20%. Notre anticipation était la bonne, néanmoins nous n’avons pas vendu à découvert les bons titres. Un gérant de fonds traditionnel, ayant pour indice de référence le CAC40, aurait rempli son objectif vis-à-vis de ses investisseurs, étant donné qu’il aurait obtenu une performance supérieure à celle du marché (-20%>-25%). Dans notre cas, notre  investisseur risque d’être particulièrement mécontent : l’écart entre une performance annoncée de +22% et une performance effective de -20% est grand! Notre client est en droit de se poser des questions, et nous devrons tout faire pour qu’il nous renouvelle sa confiance.

Lire la suite : la deuxième caractéristique d’un hedge fund : une politique d’investissement flexible


[1] Comprendre « Les-Hedge-Funds.COM »